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Une entente pour trouver les meilleures solutions
Dans la pénombre de la nuit finissante, chacun s'affairait pour descendre les bateaux des remorques et commencer le remontage des supports des rames pendant que dans la salle de réunion de l'Entente Nautique de Bordeaux, les arbitres et les délégués des clubs prenaient connaissance des feuilles des courses et ajustait les différentes participations. C'est ainsi que certains équipages étaient déclarés forfaits et que parfois cela donnaient lieu à des échanges de coureurs entre les clubs pour permettre aux rameurs qui se trouvaient isolés de courir, et aux équipages incomplets de pouvoir participer à la compétition. Une séance de travail ou les échanges se passaient dans un très grand respect et la volonté d'arranger au mieux les situations. « Étant donné les longs déplacements qui sont consentis par tous les concurrents, nous faisons en sorte de pouvoir les faire courir au maximum. C'est pour cela qu'il y aura au minimum une course le matin dans les séries et une course l'après-midi dans les finales pour chacun », nous explique Pierre Trichet, président de l’ENB. Le matin des 9h00 jusqu'à 12h20, ce sont 40 courses qui ont été disputées, en commençant par les minimes filles et garçons puis les cadets et cadettes suivis par les juniors et seniors femmes et hommes pour terminer par les benjamins. Les courses se sont succédées toutes les cinq minutes avec une régularité de métronome qui exige une grande discipline non seulement des organisateurs mais également de tous les participants.
"Tous les parents devraient mieux considérer ce sport pour leurs enfants"
C'est d'ailleurs l'une des caractéristiques principales de l'aviron que de se dérouler dans une très grande discipline de la part de tous les participants y compris des lus jeunes. Car pour pouvoir être juste à temps sur la ligne de départ chaque bateau devait remonter tout le bassin de Bordeaux - Lac, les départs étant donnés à l'opposé de la base. Ce qui veut dire qu'en plus de tout remonter, chaque équipage devait auparavant non seulement préparer son bateau mais également passer par une période d'échauffement et de prise en compte des consignes des entraîneurs. Tous les va-et-vient, tous ces mouvements par petits groupes, donnaient une impression de fourmilières où chaque équipe, loin d'agir dans le désordre, était occupé à sa tâche et contribuait au bon déroulement de la compétition sans qu’aucun décalage ne se soit produit. « C'est vrai que cela fait parti des valeurs de l'aviron : la rigueur, la discipline et le respect des autres. Assez curieusement l'aviron au niveau olympisme est classé parmi les sports individuels. Pour nous, cela correspond au skiff mais dès que vous êtes en équipage cela devient un sport d'équipe au plus haut point : en effet, non seulement il faut trouver la cohésion dans l'action, mais de plus, la défaillance d'un seul rameur va éliminer toute chance pour le bateau ; alors que regardez par exemple le rugby, moi qui l'ai aussi pratiqué, je peux en parler, l'expulsion d'un joueur ne rend pas l'équipe complètement dépassée. L'aviron c'est donc tout à la fois une exigence individuelle, la cohésion des équipes et le respect des autres. Ce sont ces valeurs que nous voulons transmettre et cela se fait naturellement. Pour vous donner un exemple, j'ai vu tout à l'heure un groupe de minimes venir parler à leur président de club et, sans qu'on ait eu à le leur dire, ils ont spontanément ôté la casquette de leur tête. C'est peut-être rare dans d'autres occasions mais cela ne m'a pas surpris dans notre discipline. Au-delà du sport, c'est aussi pour transmettre ces valeurs que nous sommes fiers de former tous ces jeunes », nous commente Michel Lagaüzère, président de la Ligue d'Aquitaine des Sociétés d'Aviron. Et en effet, à différents moments, on pouvait voir bon nombre de jeunes équipages regroupés autour de leurs entraîneurs pour écouter des consignes de course et de préparation avec beaucoup d'attention. C'est également ce que nous confirmerons des parents venus de Libourne accompagner leurs enfants : « c'est la première fois que nous accompagnons notre enfant pour sa première compétition et nous sommes ravis de l'état d'esprit qui règne dans cette discipline. Mon épouse et moi, qui avons pratiqué la gymnastique, nos retrouvons ici les mêmes valeurs d'exigence et de discipline individuelles en même temps que l'esprit d'équipe avec bien sûr une volonté de faire progresser plutôt que de sanctionner. C'est très formateur y compris par rapport à la vie en générale, et tous les parents devraient mieux considérer ce sport pour leurs enfants ».
Les premières régates de la saison pour les jeunes
« Formation » est en effet le maître mot, ce dimanche 29 janvier, puisque comme le rappelait Bernard Meynadier, ancien entraineur de l’équipe de France juniors qui commentait les courses en direct : « pour la plupart des jeunes présents aujourd’hui, ces régates constituent la première compétition et ils ont encore beaucoup à apprendre. Que ce soit dans la technique pure ou dans la conduite du bateau. On voit par exemple qu'il leur faut encore apprendre à conduire leur bateau en tenant compte du vent latéral pour tenir leurs lignes d'eau. » C'est ainsi que le vent latéral rabattait assez fréquemment les bateaux sur la même ligne d'eau à tel point que certains bateaux sont venus heurter les bouées de balisage sans qu'il y ait de dommages heureusement ou sont même carrément sorties de la zone de course. Encore des ajustements à trouver que les entraîneurs auront tout loisir de travailler durant toute la saison. Hormis ces petits écarts de route, les courses quant à elles se sont très bien déroulées. Sur une distance de 1000 m pour les benjamins et minimes et 1500 m pour les autres séries, des efforts intenses durant les quatre minutes de course étaient fournis par tous les jeunes rameurs à tel point qu'à l'arrivée certains étaient au bord de l'épuisement et devaient être soutenus par leurs camarades. « C'est un effort intense qui est demandé à chacun puisque dès le départ, il faut trouver le rythme et le garder pendant toute la distance avec une accélération qui doit être en plus fournie sur les 200 derniers mètres. C'est pour cela que certains peuvent avoir du mal à récupérer ; d'ailleurs,dans les periodes précédentes, on voyait parfois des coureurs qui s'allongeaient sur le bateau après l'arrivée et qui pouvaient tomber en syncope à cause de l'afflux du sang arrivant au cerveau. Depuis, on donne bien la consigne à chacun de rester assis et de ne pas s'allonger. Tout cela fait aussi parti de l'apprentissage, » nous confie Jean-Louis Maux, président du club de Libos - Fumel. L'après-midi se sont courues les 35 finales au programme entre 14h00 et 16h55. Le vent qui a forci à partir de 14h15 à encore davantage eu une influence sur la conduite des bateaux notamment chez les plus jeunes . On a assisté à quelques regroupements sur la même ligne et quelques collisions sans gravité.De plus, le dispositif de l'arbitrage mis en place permettait d'alllier un parfait contrôle des épreuves et la formation de nouveaux arbitres. C'est ainsi que Béatrice Manac'h, par ailleurs, championne de France en aviron de mer master féminin avec l'équipe de Claouey, complètait sa formation aux côtés du président du jury, en vue du passage de l'examen d'arbitre national : "En plus de la compétition, je suis actuellement arbitre régional et je prépare l'examen d'arbitre national. L'aviron est une grande famille et quand on n'y est, on a envie de continuer ».
A 15h00, la remise des prix pour les benjamins a été effectuée par M. Michel Lagaüzère qui a remis le trophée du Challenge Benjamins à la Société Nautique de Bayonne ; Société Nautique de Bayonne qui a également remporté le Challenge de l'avenir 2012. Une journée qui, au cœur de l'hiver, a tout de même réservé des conditions météo très acceptables et a permis à ces tous jeunes rameurs de faire pour certains leurs premières armes en compétition, en préparation de la saison 2012. Une saison très bien lancée qui se poursuivra le week-end prochain par une tête de rivière à Sainte Livrade.
A noter, l’excellent accueil organisé par les bénévoles du club de l’ENB qui proposaient une restauration tout à fait appréciable avec un vrai repas chaud et une multitude de pâtisseries, crêpes, chocolats chauds, le tout fait maison, pour un prix modique. Des conditions de restauration qui méritent d'être retenues pour les prochaines compétitions.
Les résultats du Challenge Benjamins et du Challenge de l'Avenir sont disponibles ici

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Commentaires
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Merci à lui pour ses encouragements
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